L’Union
Européenne comprend sept régions ultrapériphériques (RUP) :
- les quatre départements d’Outre-mer français : la Guyane, la Guadeloupe,
la Martinique et La Réunion
- les îles Canaries, qui font partie de l’Espagne
- les îles portugaises des Açores et Madère.
Ces RUP se trouvent dans une situation unique au sein de l’Union européenne.
Dans un contexte naturel marqué par l’insularité (six des sept régions
ultrapériphériques sont des îles, et la Guyane est enclavée dans la
forêt amazonienne), un climat tropical et un relief souvent accidenté
et volcanique, elles sont très éloignées du continent européen, tout
en étant, dans la plupart des cas, proches de pays tiers généralement
moins développés. Leur poids économique et démographique est relativement
faible par rapport à celui de l’ensemble de l’Union (elles représentent
une population de 3,6 millions d’habitants, soit moins de 1% de la population
de l’UE). Sur le plan socio-économique, elles se caractérisent par un
PIB qui atteint en moyenne 59 % du PIB communautaire et un taux de chômage
élevé pour la plupart d’entre elles, notamment chez les jeunes. L’éloignement
de ces régions constitue un frein à leur développement, d’autant que
leur taille réduite ne permet pas de rentabiliser des investissements
lourds et de réaliser des économies d’échelle. Tenant compte des handicaps
que subissent ces régions, des Programmes d’Options Spécifiques à
l’Eloignement et à l’Insularité ont été mis en place pour les DOM
(POSEIDOM en 1989), pour les Canaries (POSEICAN, en 1991), et pour Açores
et Madère (POSEIMA en 1991). Ces programmes constituent le fil conducteur
de la politique communautaire de soutien des régions ultrapériphériques.
Le particularisme de ces régions a été intégré dans la notion de « régions
ultrapériphériques » en 1992 dans la déclaration annexée au Traité de
Maastricht sur l’Union Européenne. La déclaration : « reconnaît que
les régions ultrapériphériques de la Communauté (…) subissent un retard
structurel important aggravé par plusieurs phénomènes (grand éloignement,
insularité, faible superficie, relief et climat difficile, dépendance
économique vis-à-vis de quelques produits) dont la constance et le cumul
portent lourdement préjudice à leur développement économique et social
» et prévoie « d’adopter des mesures spécifiques en leur faveur,
dans la mesure et aussi longtemps qu’il existe un besoin objectif de
prendre de telles mesures (…) en vue de permettre à ces régions
de rattraper le niveau économique et social moyen de la Communauté ”.
Cependant, on s’est aperçu, au fil des années et des transformations
qu’a connues l’Union européenne, de la nécessité d’une base juridique
solide pour l’approche «ultrapériphérique ». Le nouvel article 299§2,
introduit par le traité d’Amsterdam, va Désormais devenir le fondement
juridique de la notion de région ultrapériphérique. Il met à jour et
renforce les dispositions de l’ancien article 227§2 (limitées aux DOM)
tout en les étendant à l’ensemble des RUP. Il souligne la situation
particulière de ces régions et « arrête des mesures spécifiques visant,
en particulier, à fixer les conditions d’applications du présent traité
à ces régions, y compris les politiques communautaires ». Cette
nouvelle base juridique devrait faciliter la consolidation de l’acquis
des programmes POSEI et permettre de faire face de manière plus sûre
aux perspectives futures de l’intégration européenne.
Ces régions sont un atout pour l'Union européenne, à
laquelle elles apportent une dimension supplémentaire : l'Europe
devient ainsi productrice de denrées exotiques, répondant
à l'évolution des gouts des consommateurs. De plus, ces
régions dotent l'Europe de zones maritimes et de positions géostratégiques
précieuses, ainsi que des sites d'implantation privilégiés
pour certaines activités de pointe. Leur richesse naturelle en
fait des pôles touristiques en plein développement au sein
de l'Union.